Louise de Corinne Guitteaud

Louise de Corinne Guitteaud Editions Les Bas BleusRésumé : Louise a quarante ans, elle vit en Bretagne et son père vient de mourir. Son amie Manon lui a trouvé un travail dans la conserverie de poissons P & Fils. C’est un bouleversement pour Louise qui, pendant vingt ans, n’a pas quitté son père, atteint d’Alzheimer. Dès le premier jour, elle a un accrochage avec l’un de ses collègues, Sékou, qui s’attache pourtant à elle et en tombe amoureux. Mais Louise cache deux secrets qui l’empêchent de s’ouvrir aux autres et l’encouragent à repousser Sékou…

Mon avis :

Louise, la quarantaine n’a vécu que pour s’occuper de son père malade. Suite à son décès, la voilà obligée de travailler et de découvrir la vie sociale après plus de 20 années  coupée du monde, seule avec son père. Louise s’est oubliée en tant que femme, en tant qu’être humain. La découverte d’elle-même, des autres, de la vie en communauté s’avère plutôt difficile.

Je n’ai pas vraiment apprécié le personnage de Louise qui n’est pas aimable même avec les personnes qui tentent de l’aider, de lui tendre la main. Elle est même méchante, hargneuse, mais en fait sur la défensive. Je l’ai plus apprécié sur la fin de l’histoire. Manon est une amie précieuse qui la défend bec et ongles, presque trop car du coup Louise se repose un peu sur elle. Elle attire rapidement  l’intérêt de Sékou, lui aussi écorché par la vie, mais elle s’attire aussi les foudres d’une collègue qui va mettre au grand jour un secret inavouable de Louise.

L’idée de départ est bonne et fait de cette histoire, comme le dit elle-même l’auteure, une anti-romance. En effet, le lieu, la conserverie, et les personnages ne font pas rêver. On est plus dans une tranche de vie de Louise, personnage atypique et dans sa période peu reluisante. Louise comme Sékou connaissent tout deux, et chacun a leur façon, des problèmes d’intégration dans la vie économique comme sociale.

Ce récit est très court et se lit donc plutôt vite. J’ai trouvé que l’écriture manquait de relief et qu’elle n’a pas fait émerger les émotions des protagonistes ni même les sentiments (à part ceux de jalousie et de colère). Cette histoire étant à la base prévue pour une pièce de théâtre et remaniée pour la lecture, ceci explique certainement cela.

Ce n’est pas un coup de coeur, toutefois j’ai bien aimé ma lecture (surtout sur la fin) car il apparaît une lueur d’espoir et Louise semble plus « adoucie » par ses dernières semaines d’épreuve. J’aurais cependant aimé en savoir un peu plus sur le devenir de Louise et Sékou, qui m’ont paru attachants ( mais seulement dans les dernières lignes de ma lecture).

Je remercie  la maison d’édition Les Bas Bleus qui là encore signe un livre différent, atypique, que je classerai pour ma part dans le genre « dramatique » plutôt que romance.